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Les moissons du futur
Quel avenir pour l'agriculture? Comment agir maintenant pour la "sobriété heureuse" et les "oasis en tous lieux"
Pierre Rabhi
Le parcours de Pierre Rabhi, agriculteur, philosophe et essayiste français d'origine algérienne. Ce dernier est l'inventeur du concept de «sobriété heureuse». A travers le monde, il est reconnu comme l'un des experts internationaux de référence en matière de sécurité alimentaire.
Faire fumer les africains
L'Afrique, un marché nouveau pour les compagnies de tabac, est aux prises avec une épidémie de tabagisme
Les esclaves du tabac
Les habitants du Malawi sont sous la coupe des industriels du tabac avec pour conséquences la pauvreté, le travail des enfants, les maladies, la faim et les dégâts environnementaux...
 
Vidéo sur la culture du tabac au Malawi et ses conséquences.
Une catastrophe écologique

La culture du tabac est une catastrophe pour les paysans du tiers monde et pour les écosytèmes.

L’impact négatif du tabac sur l’environnement est méconnu mais bien réel.

Les effets les plus reconnus du tabagisme concernent essentiellement ses dégâts sur la santé et dans une moindre mesure son coût économique et social qui se traduit par un appauvrissement des personnes et l’existence de freins au développement de nombreux pays.
L’impact du tabac ne se réduit cependant pas à ces seules dimensions, il intègre également une forte composante environnementale, largement méconnue en France, mais qu’il importe de prendre davantage en compte.
On estime que le tabac porte atteinte à l’environnement dans son ensemble avec une mise en péril directe des écosystèmes et une contribution significative au phénomène de réchauffement climatique.
Le tabac porte atteinte à l’environnement de multiples manières même si cela semble ne pas concerner ni les militants écologiques, ni les différents ministres de l' écologie depuis des décennies.

De la culture du plant de tabac, aux produits chimiques qui la composent, jusqu’à la gestion des déchets des mégots en passant par le packaging des cigarettes, l’ensemble du cycle de vie d’une cigarette ou d’un autre produit du tabac porte grandement atteinte à l’environnement. 
 
La culture et le séchage des feuilles de tabac contribuent au phénomène de réchauffement climatique considéré aujourd’hui comme l’une des menaces pour notre planète. Les gaz sont libérés par la combustion de carburants fossiles mais aussi par la réduction de la surface forestière. Or le tabac est séché en diffusant un air chaud sur les feuilles. Dans de nombreux pays, ceci nécessite de couper des arbres et de les brûler pour produire l’énergie permettant le processus de séchage, tandis que dans d’autres pays, la source d’énergie la plus fréquemment utilisée est le gaz.

L’impact majeur du tabac sur la déforestation

On estime que 200 000 hectares de forêts disparaissent chaque année en raison de la plantation de tabacs. Cette déforestation touche principalement les pays en développement. Elle explique directement 1,5% net de la déforestation globale[1]. Environ 12 mètres cubes de bois sont nécessaires pour la fabrication d’une tonne de tabac. Dans un pays comme le Malawi, près de 80% des arbres coupés sont utilisés pour le tabac, alors même que les planteurs de tabac ne représentent que 3% des agriculteurs de cette région. Dans des zones semi-arides où se pratique la culture du tabac, la disparition des forêts peut mettre en péril l’équilibre écologique de la région et contribuer à un appauvrissement et au phénomène de désertification d’espaces devenus impropres à l’agriculture. Tel est par exemple le cas du district d’Aura au nord ouest de l’Ouganda où s’est pratiquée une culture intensive du tabac qui a conduit à une érosion dramatique des sols. Les terres ne sont plus cultivables pendant plusieurs années et il faut trouver sans arrêt de nouveaux espaces. Confrontée à la nécessité de trouver des sources d’énergie, l’industrie du tabac a essayé d’inciter les tabaculteurs à planter des arbres en dehors de leurs cultures de tabac. Toutefois les plantations mises en place par British American Tobacco au Kenya par exemple portent sur des espèces étrangères à cet environnement comme par exemple des eucalyptus ou des cyprès qui ont la particularité de pousser rapidement mais de porter atteinte à la biodiversité et de ponctionner et réduire les ressources en eau. Par ailleurs, nombre de tabaculteurs refusent d’utiliser ces espèces pour sécher leurs plants de tabac, préférant vendre ce bois et continuer à utiliser la forêt pour leur bois de chauffage[2]. [1] Geist, HJ, Global assessment of deforestation related to tobacco farming. Tobacco Control 1999 ; 8 18 – 28 [2] Agroforestry in Africa, Panos, 1990

La culture du tabac est liée à une consommation élevée de pesticides

Le tabac est une plante fragile susceptible d’attraper de nombreuses maladies. Il s’ensuit que des quantités importantes de fertilisants, herbicides et pesticides sont utilisées pour cette culture. Parmi les pesticides les plus fréquemment utilisés, on note l’aldicarb et le chlorpyrifos, qui sont deux insecticides hautement toxiques. De même le bromure de méthyle, un composé chimique portant fortement atteinte à la couche d’ozone, est également très répandu pour fumiger les sols avant la plantation des semences de tabac. En 1997, plus de 2,5 millions de kilos de bromure de méthyle ont été déversés dans les champs de tabac dans le monde[1]. Les effets de l’usage de ces produits toxiques ne sont pas évalués et surveillés en tant que tels, mais l’on sait que ces produits traversent les sols et infiltrent les nappes phréatiques, les rivières et se retrouvent présents dans les chaînes alimentaires. Ces substances peuvent également indirectement conduire à l’apparition d’une sélection génétique de moustiques et de mouches résistants aux pesticides contribuant par là même à aggraver la lutte contre certaines maladies telles le paludisme.

La maladie du tabac vert

En plus des risques sanitaires posés par l’utilisation des pesticides, les tabaculteurs sont susceptibles de contracter la maladie du tabac vert. Dans la culture du tabac, cette maladie est due à l’absorption par la peau de grandes quantités de nicotine lors de la manipulation de feuilles de tabac humides. Les enfants ouvriers dans les pays pauvres, en raison de leur plus faible corpulence, sont particulièrement sensibles à cette intoxication qui provoque étourdissements, malaises, vomissements, maux de crâne et faiblesse musculaire. [1] Tobacco, farmers and pesticides. Pesticide action network, 1998.

La réduction de la production de nourritures vivrières et l’appauvrissement des pays producteurs

La culture du tabac induit une réduction des surfaces agraires dédiées aux produits agricoles d’alimentation. On évalue que l’affectation de terres, actuellement utilisées pour les cultures du tabac, à des cultures vivrières permettrait de nourrir de 10 à 20 millions de personnes[1]. Pour les pays producteurs de tabac, une analyse coût/bénéfice de la culture du tabac a montré que le gain à court terme en faveur du tabac disparaît avec les coûts induits sur le moyen et long terme (coûts sanitaires, environnementaux, économiques et sociaux). [1] Barry M, The influence of the US Tobacco industry on the health economy and environment of developing countries. New England J Medicine, 1991, 324 : 917-9

Pollution

Les filtres des cigarettes sont fabriqués à partir d’une sorte de plastique qui nécessite jusqu’à 12 années pour pouvoir être décomposés. Les 4,5 milliards de mégots de cigarettes dispersés à travers le monde entier chaque année tuent des millions d’oiseaux, de poissons et d’autres animaux. Selon le Conservatoire des Océans, organisme en charge de la surveillance de la pollution des mers, les cigarettes constituent la première source de déchets dans le monde sur les plages. Une enquête réalisée dans 68 pays sur les déchets collectés dans le cadre du nettoyage des plages montrait que parmi les 7,7 millions de débris recensés, la part des cigarettes et des mégots représentait 1,9 million. En France, il y a actuellement plus de 14 millions de fumeurs, ce sont donc des milliards de mégots qui viennent polluer l' environnement. A notre connaissance, aucune statistique en France n’estime le poids de ce déchet. Au Royaume Uni, les cigarettes représentent la principale source de déchets dans les rues, représentant entre 70 et 90 % de tous les déchets urbains. Environ 200 millions de mégots sont jetés tous les jours, représentant environ 122 tonnes d’ordures.

Incendies

Les cigarettes et allumettes sont une cause fréquente d’incendies. En effet, des cigarettes mal éteintes peuvent provoquer des dégâts considérables : incendies de forêts, de maisons causant des victimes : blessés et morts ainsi que des dégâts matériels importants.


Des millions de fumeurs qui oublient leur cendrier et balancent leur mégot par terre, devant vous… vous n’en avez pas marre ?

L’interdiction du tabac dans les lieux publics semblent avoir décomplexé nombre de fumeurs qui ne retiennent ni leur fumée ni leurs mégots… à l’extérieur. Rappelons quelques faits sur le tabac et l’environnement.
La fumée est nuisible; le mégot aussi.
En 1998, 954 millions de kg de mégots (les filtres) se sont retrouvés partiellement dans les rues, les cours d’eau, etc. dans le seul petit pays qu’est la Suisse. Imaginez ailleurs, …
Les produits dérivés de la consommation du tabac, comme les briquets et allumettes, ne sont pas inclus dans ces chiffres.

•Selon une étude canadienne, 11 milliards de cigarettes sont grillées sur terre par jour.
•Le tabac serait à lui seul responsable de 5% de la déforestation, par le bois qu’il nécessite pour le séchage.
•La fumée d’une cigarette pollue autant que 10 voitures diesel tournant au ralenti pendant 30 minutes… Il faut savoir que la fumée de cigarette constitue un mélange de gaz et de particules qui contient près de 4000 substances différentes dont plus de 40 sont cancérigènes. Une fois allumée, la cigarette devient une véritable usine chimique car sa combustion entraîne la formation d’oxyde d’azote, d’ammoniac, de monoxyde de carbone, de plomb, de mercure…
•Un mégot de cigarette jeté dans la nature sera encore là pendant 12 ans.
•Un mégot est susceptible à lui seul de polluer 500 litres d’eau, la rendant impropre à la consommation.
• Il n’est pas rare de trouver, sous chaque pylône de télésiège, pas moins de 30’000 mégots qui s’enfoncent dans le sol.
• Un m3 de neige est pollué par 1 mégot ; bonne nouvelle quand on pense que l’eau de cette neige ira rejoindre les cours d’eau et les nappes phréatiques. En s’enfonçant dans le sol, les mégots vont diffuser une partie de leurs composants toxiques. La cigarette enfume aussi l’environnement Un paquet de cigarette c’est un film de plastique, un film d’aluminium, du carton, un film de cellophane, du tabac des milliers de composants chimiques, …

Les plantations de tabac représentent environ 43 000 km2 de surface cultivable et sont, elles aussi, une des cause de la déforestation : 10 à 20 millions de personnes pourraient être nourris en consacrant ces surfaces à l’agriculture. Outre les surfaces cultivées, ce sont les coupes de bois destiné au papier ou au séchage du tabac qui sont en causes. On estime qu’un hectare de bois est coupé pour sécher un hectare de tabac. Par ailleurs, une machine à cigarettes utilise 6 kilomètres de papier à cigarette par heure Au global l‘industrie du tabac serait ainsi la cause de 5% de la déforestation des pays en voie de développement producteurs de tabac.

En 1995, la production de cigarettes a généré 2,3 milliards de kg de déchets auxquels il faut ajouter 209 millions de kg de déchets chimiques La cigarette est néfaste pour les fumeurs (et les autres) on le sait, mais il est temps de prendre conscience des effets dévastateurs qu’entraîne la cigarette sur l’environnement. En allumant sa cigarette, le fumeur pollue :
•Son organisme ( provoquant cancers, maladies pulmonaires…) et celui du non-fumeur ( de tabagisme passif) , chaque année, la cigarette cause plus de 6 millions de morts.
•L’air avec la fumée qui se dégage de la cigarette ainsi que celle évacuée par le fumeur. Les risques sanitaires, pour les non-fumeurs, de l’exposition à la fumée de tabac dans l’environnement sont scientifiquement prouvés.
En janvier 2006, l’Agence de protection de l’environnement de la Californie a révélé un rapport conséquent à ce sujet et a considéré la fumée de tabac dans l’environnement comme « contaminant de l’air toxique ».
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